mercredi 27 février 2008

La FNAC soupçonné de piratage

Mauvaise nouvelle pour le chevalier blanc de la lutte contre le piratage Denis Olivennes. Le patron de la FNAC aurait-il oublié de faire le ménage dans sa propre maison avant d'attaquer les internautes ? C'est ce que laisse entendre un article paru mercredi dans le Canard Enchaîné...

Denis Olivennes s'est fait le héraut de la lutte contre le piratage en France. L'auteur du pamphlet "la gratuité, c'est le vol" (Grasset, 2007) a été investi par Nicolas Sarkozy d'une mission sur la lutte contre le téléchargement illégal, qui a débouché sur le retour de la riposte graduée censurée par le Conseil constitutionnel, et un projet de loi déjà très contesté. Le Canard Enchaîné révèle ce matin que la Sacem enquête depuis deux mois sur une série de "vidéos suspectes" trouvées chez le premier disquaire de France. "Des concerts 'live' -souvent inédits - de grands groupes de rock, commercialisés sous un étrange label, 'Wow Corporation', une maison jusque là inconnue des professionnels du disque", indique le journal. Sont concernés notamment des lives des Rolling Stones, d'Eric Clapton, de Jimi Hendrix, ou encore de Queen. Selon toutes vraisemblances, même si rien n'est encore affirmé, il s'agirait de bootlegs, c'est-à-dire d'enregistrements pirates distribués sans autorisation. Ces enregistrements sont également proposés sur le site de la Fnac.

L'étrange label (qui n'est pas le seul sous le collimateur de la Sacem) n'a ni adresse ni site internet, et se présente comme une société américaine. Mais selon la Sacem, qui perçoit et répartie des droits d'enregistrements au bénéfice des auteurs, des compositeurs et des éditeurs, c'est en ex-Yougoslavie que la soit-disant maison de disques est installée. L'emballage des DVD est bas de gamme, leur prix est d'ailleurs moins fort que la moyenne, et le tout est de très basse qualité. "Parfois, à l'écran, on voit un logo dans un coin, grossièrement flouté", raconte Benoît Solignac-Lecompte (BSL), responsable du service contrôles et enquêtes de la Sacem.

Pour ne pas faire tâche dans l'alliance contre le piratage, la Sacem refuse visiblement d'accuser clairement la Fnac de vendre des DVD pirates. Mais BSL reproche tout de même aux "gens de la Fnac" qui commandent les références d'être "un peu légers quand ils achètent ces produits-là".

Le plus drôle est la réponse de la FNAC. "Nous achetons 262.000 références par an et nous avons plus de 600 fournisseurs. Ils savent ce qu'ils nous vendent, ils sont responsables. C'est à eux d'être honnêtes. On ne va pas, à chaque commande, demander au fournisseur qu'il nous prouve que son produit possède toutes les autorisations. Maintenant, si quelqu'un nous prouve qu'il n'est pas légal, on le retire des rayons", explique au Canard Guy Messina, directeur du disque et de la vidéo chargé des achats du groupe.

C'est exactement le même argument qui est soulevé par les responsables de sites ou de serveurs P2P, ou les sites comme Dailymotion ou Youtube, lorsqu'ils reportent la faute sur les utilisateurs qui partagent ou uploadent des contenus illicites. Pourquoi l'argument serait-il valable pour la Fnac lorsqu'elle vend ces contenus et ne le serait-il plus lorsqu'il touche des échanges à titre gratuit ?

vendredi 15 février 2008

Le futur de firefox

Lors d’une conférence à la Southern California Linux Expo, Chris Blizzard, de chez Mozilla, a tenu une discussion intéressante, suivie par nos confrères d'Ars Technica,au sujet du travail actuellement effectué sur le navigateur Firefox. Chris Blizzard a également discuté des grandes lignes du développement de Firefox,ainsi que les principales voies d’améliorations pour le futur du logiciel.

Firefox possède aujourd'hui :

* 1000 contributeurs communautaires au code source
* 20 000 testeurs des versions de nuit
* 500 000 bêta testeurs
* 50 millions d’utilisateurs quotidiens
* 150 millions d’utilisateurs au total

Une certaine emphase est d'ailleurs mise sur la part de marché en Europe, décrite comme frôlant les 30 %, ainsi que sur la base des utilisateurs qui a doublé ces 12 derniers mois. En plus de cet aspect communautaire, l’éditeur emploie 45 développeurs à plein temps, ce qui montre clairement l’évolution des évènements depuis l’apparition du navigateur depuis la première version. Aujourd’hui, Mozilla se décrit plutôt comme un incubateur de technologies qui murissent pour être ensuite intégrées ou non dans son logiciel phare.

Selon Chris Blizzard, Firefox devrait véritablement entrer dans une nouvelle page de son histoire avec la version 3, qui apportera bien plus de nouveautés que ne l’avait fait la version 2. L’interface utilisateur va bénéficier d’un nombre certain de petites améliorations, sans compter une intégration bien plus poussée avec les systèmes d’exploitation. D’ailleurs, l’actuelle version bêta 3 RC3 intègre les rafraichissements visuels pour tous les systèmes, que ce soit Vista, Mac OS X ou Linux.

Cairo à tous les étages

L’un des plus gros travaux réalisés sur Firefox 3 concerne l’utilisation de la technologie Cairo. Cette dernière est une bibliothèque logicielle graphique libre qui définit une API de rendu vectoriel 2D indépendante du matériel. Elle est désormais largement utilisée dans le Firefox 3 pour améliorer la qualité du rendu des pages web au sein du navigateur. D’ailleurs, l’ensemble du travail effectué sur cette intégration provoque des retombées sur la bibliothèque elle-même et ses développeurs. Il y aura donc des répercussions jusque dans les distributions Linux.

Les performances dans la ligne de mire

Le chapitre des performances était largement attendu dans la conférence et Chris Blizzard n’a pas sauté le sujet, au contraire. Il a réaffirmé que Firefox 3 était l’occasion pour les développeurs d’optimiser largement le logiciel pour en réduire notamment la consommation en mémoire vive. 300 de ces améliorations ont déjà été apportées depuis Firefox 2, et le nombre d’allocations mémoire au lancement du navigateur a été réduit de 100 000. Sous Linux également, Firefox utilise désormais beaucoup moins de mémoire du serveur X.

Des prétentions sur le monde mobile

Cette question des performances est d’autant plus importante que Mozilla a clairement des ambitions en ce qui concerne le monde des téléphones mobiles. Chris Blizzard a indiqué que les technologies Internet présentes sur ces appareils étaient réellement décevantes, et qu’elles avaient contribué à casser la cohérence du web en réclamant des versions spéciales des sites web. Pour Mozilla, préserver le web comme une source unique d’informations est la grande priorité, et pour Blizzard, Apple a démontré que tout cela était possible avec Safari sur les iPhone et iPod Touch.

Firefox Mobile, prévu normalement dans le courant de l'année, intégrera toute l’infrastructure de gestion des modules, déjà disponible sur PC (2000 extensions actuellement) . Cette version spécifique du navigateur tentera également d’utiliser les autres capacités des appareils, comme le téléphone lui-même, le GPS, la gestion des écrans tactiles ou encore la caméra. Chris Blizzard indique par ailleurs que tout le travail réalisé sur Firefox Mobile, pour améliorer notamment sa légèreté, aura un impact sur la version complète, mais ce n'est pas la première fois que Mozilla brandit ce drapeau.

Source pcinpact

lundi 4 février 2008

Le gouvernement favorise les logiciels libres

Le ministère de la Défense recommande Thunderbird et Postfix à ses fonctionnaires


L'intégralité des 200 000 postes du ministère va devoir passer à la messagerie Thunderbird de Mozilla et au serveur de messagerie libre Postfix, à la place d’Outlook et Exchange. Des cas particuliers seront tolérés, mais sur justificatif des directions.

Le ministère de la Défense continue de délaisser les solutions propriétaires de Microsoft, au profit d'alternatives libres. Alors que les 70 000 PC des gendarmes passent à Ubuntu,une grande majorité des 200 000 postes de l'administration du ministère vont être équipés de l'outil de messagerie Thunderbird, de la Mozilla Foundation.

C'est ce que préconise la récente « directive définissant les règles de la messagerie électronique », du 8 janvier dernier, élaborée notamment par la Délégation générale pour l'armement (DGA). Un document évoqué lors d'une conférence sur le salon Solution Linux, et dont ZDNet.fr s'est procuré une copie (télécharger le fichier PDF).

Obligatoire, sauf exceptions

Thunderbird y est « recommandé », soit le niveau en dessous d'« obligatoire ». Cela signifie qu'il peut « exister des raisons valables, dans des circonstances particulières, pour ignorer la règle édictée, mais les conséquences doivent être comprises et pesées soigneusement avant de choisir une voie différente ».

Les directions du ministère préférant conserver Outlook pourront le faire, mais en justifiant leur choix. « On s'oriente donc vers une généralisation de Thunderbird. Toutefois, des exceptions sont possibles pour tenir compte des usages spécifiques liés à l'interopérabilité », a déclaré Thierry Leblond de la DGSIC (*), direction chargée d'élaborer la politique du ministère en matière de systèmes d'information. Il répondait aux questions de Tristan Nitot,président de Mozilla Europe, qui se réjouit bien entendu de cette recommandation.

Le responsable du ministère précise qu'elle aura nécessité 18 mois de dialogue entre les différents organismes comme l'armée de terre, l'armée de l'air, la Marine nationale ou la gendarmerie.

Exchange troqué contre Postfix

Côté serveur, la directive préconise Postfix, un serveur de messagerie électronique libre dont le développement a été lancé par le néerlandais Wietse Zweitze Venema. Après Outlook, le ministère prend donc également ses distances vis-à-vis d'Exchange.

Les raisons de ce choix ne sont pas précisées, mais le ministère a déjà justifié sa préférence pour les logiciels libres.La gendarmerie a voulu passer à Firefox, puis à Thunderbird et prochainement à Ubuntu, par désir d'indépendance vis-à-vis des éditeurs, et pour les économies engendrées.

Le passage au libre sur le poste de travail de la gendarmerie est censé permettre de réaliser 7 millions d'euros d'économies par an, majoritairement sur les licences.

Source Zdnet